Les jeunes du Sertão en lutte pour l’accès à des études supérieures

GEDSC DIGITAL CAMERA GEDSC DIGITAL CAMERADu 15 au 17 mars, nous avons eu la chance de participer au premier Campement de la Jeunesse du Haut-Sertão (région semi-aride du Nord-Est) de Sergipe, dans la ville de Monte-Alegre (35 kilomètres de Glória).

Durant 3 jours, 350 jeunes militant-e-s de plusieurs mouvements sociaux de la jeunesse (Mouvement des petits agriculteurs, MST, Groupes de culture populaire de la région, Jeunes de l’Université fédérale de Sergipe, etc.) ont organisé débats et mobilisations revendiquant le droit à une éducation supérieure de qualité. Les chiffres sont parlants: seuls 1,5% des jeunes de la région accèdent aux études supérieurs. Ceux qui ont cette rare occasion (balisée par un système hyper-sélectif) doivent affronter des voyages quotidens pour Aracaju (entre 3 et 5 heures de bus pour l’aller simple), ou alors réussir à se payer une chambre dans la capitale – hors de portée pour la plupart.

La revendication centrale du Campement était la mise sur pied d’un Campus universitaire dans la région. Malgré une large mobilisation populaire (une marche a rassemblé plus de 7000 personnes autour de cette revendication dans le Sertão en 2011), le gouvernement fait la sourde oreille. Les projets pour la région sont plutôt ceux d’y implanter de grandes plantations avec de la main-d’oeuvre à bas prix, voire… une centrale nucléaire (projet de l’implanter dans la ville de Canindé de São Francisco, à 85 kilomètres de Glória).

Conséquence pour l’instant: manque de perspectives pour la jeunesses, exode rural qui repart, taux d’analphabétisme de plus de 50% dans certaines municipalités de la région, pauvreté, etc. Une situation largement répandue au sein de la jeunesse des campagnes.

Quelques chiffres cités à ce sujet dans un très bon article paru sur le site A l’encontre (www.alencontre.org: Brésil. La jeunesse rurale et le Statut de la jeunesse, de Maciel Cover et Sérgio Barcello): « On sait que près de deux millions de personnes ont abandonné le milieu rural au cours des dernières années (2000-2010). Si l’on considère que, parmi la population qui a émigré, un million de personnes se trouvent dans d’autres groupes d’âge (enfants, adultes et personnes âgées) et qu’un million sont des personnes considérées comme jeunes, cela veut alors dire que la moitié de l’émigration de la campagne vers la ville est le fait de gens appartenant au groupe social de l’âge considéré par le nouveau statut. Selon la PNAD (2011) [une enquête nationale par échantillons de logement], sur les 8 millions de familles environ qui résident en milieu rural, 6,5 millions d’entre elles survivent avec trois salaires minimaux au maximum alors que seules 147’000 familles vivent, elles, avec un revenu se situant entre 10 et 20 salaires minimums. Ce n’est là qu’une démonstration parmi d’autres de l’inégalité sociale que nous avons encore dans le milieu rural brésilien. »

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