Infos complémentaires (lundi 24 juin 2013)

ato_7_mpl_thiago_biá–          Après les annulations des augmentations, nouvelle victoire du mouvement ces derniers jours (au moins formelle) : la présidente Dilma a dû appeler à un « pacte social » pour améliorer les services publics, puis promis de débattre avec tous les mouvements sociaux de réformes populaires. C’est la première fois depuis le début de son mandat… Lundi, Dilma se réunissait avec 27 gouverneurs et 26 préfets pour annoncer ce pacte sur 5 points (fiscalité, transport public, réforme politique, santé, éducation). Elle annonçait un processus de type constituante pour organiser la réforme politique ( modification du financement des partis politiques, etc.)

–          Les mobilisations ont continué ce week-end. Samedi dernier, il y avait 200 000 personnes à Belo Horizonte (capitale de l’Etat de Minas Gerais). La mobilisation se terminait par une Assemblée populaire. A Salvador, des manifestant-e-s tentaient de bloquer les accès au match (Brésil-Italie) samedi.

–          Le MST a organisé (vendredi 21 juin )une rencontre des mouvements sociaux et partis de gauche (Marche mondiale des femmes, MST, Via Campesina, PSTU, PSOL, PT, CUT, Union nationale des Etudiants) à São paulo, vendredi passé. La résolution souligne l’aspect progressistes des manifestations, dénonce son instrumentalisation par des secteurs de droite – qui veulent en retirer son aspect « classiste » – et appelle les mouvements sociaux et la gauche à  s’unir et participer aux mobilisations,  et à y défendre des réformes en faveur du peuple.

–          Des secteurs, souvent liés au PT, dénoncent depuis quelques jours une stratégie de « Coup d’Etat » contre le gouvernement Dilma, ourdie par les partis de droite (PSDB en tête). Il est clair qu’il y a une tentative de la droite d’instrumentaliser le mouvement. N’oublions pas que les élections présidentielles et au Parlement sont en 2014 –et jusqu’à présent Dilma était loin devant… Donc la droite a changé de discours, après la criminalisation aujourd’hui elle essaie de tirer profit du mouvement. A Aracaju, la semaine passée, des militant-e-s du DEM (droite dure) scandaient des slogans « Sans parti ! Sans parti !) dans la manif… De là à parler d’un coup d’Etat, la situation semble différente des années 60 (coup d’Etat militaire). Et l’argument semble avoir un aspect fonctionnel à des secteurs du PT déstabilisés par les manifs et apeurés par la perspective de perdre des plumes d’ici 2014. N’oublions pas, aussi, que nombre de mouvements sociaux sont encore largement liés au PT et n’attendaient en aucune mesure ce soulèvement. Il y a donc aussi un élément de crise des partis politiques de « gauche » traditionnels et des mouvements syndicaux et sociaux qui leur étaient historiquement liés.

–          Il est clair que la droite et les médias ont une stratégie visant à retirer l’aspect social et de lutte des classes du mouvement. Dans un programme Berlusconien du dimanche soir, le « Domingão du Faustão », un des plus regardés au Brésil, mêlant femmes à poil, célébrités, danse, publicité pour de grandes marques et sujets de société, le présentateur « Faustão » débutait dimanche soir par un discours de plusieurs minutes sur les mobilisations, insistant sur le fait qu’elles « mêlaient toutes les classes sociales ». La télévision jette de la poudre aux pieds, bien sûr, ainsi que la droite.

–          Les médias (Rede Globo, Estado de São Paulo), em syntonie avec le PSDB et la droite, essaient de montrer Dilma comme étant “dépassée, débordée” – et donc incapable de gouverner. Les présidentielles, comme nous l’avons déjà noté, se rapprochent…

–          L’extrême-droite (ainsi que certains secteurs anarchistes) a aussi un rôle. Elle a, notamment à Rio, Salvador et São Paulo, agressé physiquement des militant-e-s de gauche (des partis comme le PSOL et le PSTU, donc qui n’ont rien à voir avec le PT et le gouvernement) et brûlé leurs drapeaux. Dans un article publié par le Correio da Cidadania, le militant du PSTU Valéry Arcady souligne : « Le refus des partis politiques, plus grave quand Il se dirigenc otnre la gauche socialiste, est une idéologie réactionnaire et a um nom: l’anticommunisme. C’est elle qui a empoisonné le Brésil pour justifier le coup d’Etat de 1964 et 20 ans de dictature. »

–          Il y a donc un champ énorme de lutte politique à mener, dans le sens de bataille des idées aux côtés de celles de la rue.

–          Dans une prise de position de son secrétariat national, le MST note les éléments suivants (extraits): « 1. La mobilisation est sociale, et part d’un secteur né après l’époque néo-libérale – classe moyenne et classe moyenne basse.  2.  C’est le fruit de 12 ans de conciliation de classe (comme au Chili) qui a exclu la jeunesse de la participation politique. Et la jeunesse veut participer d’une façon ou d’une autre, ne serait-ce qu’en défilant das la rue, sans répression. 3.  C’est la conséquence d’ue grave crise urbaine structurelle, générée par le capital financier et la spéculation immobilière (…) 4. Personne ne les contrôle. Il n’y a pas de leadership politique. 5.  Pour l’heure les plus touchés sont les partis traditionnels, la politique bourgeoise, et bien sûr la méthode développée par le Parti des Travailleurs (PT) pendant ces années de gouvernement, mais aussi les gouvernements de chaque État, tous, qu’ils soient de droite, du centre, de gauche…

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